Logement

Immobilier ancien : un léger frémissement se dessine, mais le marché reste fragile

En dépit d’une chute significative de 23% des transactions immobilières sur un an, les notaires prévoient un ralentissement de cette tendance baissière et anticipent même un rebond du marché, dans les derniers mois de l’année.

(© Adobe Stock)
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Le marché de l’immobilier ancien n’est pas encore au beau fixe...La contraction des ventes se poursuit. Selon la dernière note de conjoncture immobilière des Notaires de France pour avril/mai 2024, le nombre de transactions n’a jamais été aussi bas sur un an, depuis novembre 2016. Toutefois, les praticiens se montrent un peu plus « confiants » pour l’avenir. D’après les derniers résultats dévoilés, le volume de transactions de logements anciens sur les 12 derniers mois s’élève à 822 000 à fin mars, après 869 000 fin 2023. Si la baisse devrait se poursuivre, elle reste stable depuis quelques mois, ce qui laisse entrevoir une légère éclaircie dans un ciel immobilier jusque-là bien gris. Les notaires évoquent même un "point d’atterrissage" pour le marché de l’ancien.

Des signes plus « encourageants » sont également observés. Les notaires notent « un regain d’activité par endroits », qui, même « s’il n’est pas encore vivace » pourrait participer à une reprise, à la faveur d’un assouplissement potentiel, d’ici juin, des conditions de crédit par la BCE, Banque centrale européenne. Outre la baisse probable des taux d’intérêt, ces derniers misent également sur le recul des prix « susceptible » de favoriser un rebond du marché.

La baisse des prix se poursuit

De fait, le cycle de baisse des prix dans l’ancien est enclenché. Les prix ont de nouveau fléchi ces trois premiers mois de 2024. A l’échelle nationale, la baisse des prix des logements anciens atteint 5,2% à fin mai 2024, par rapport à l’an passé, selon le dernier indice Notaires-Insee, publié ce 28 mai (vs une diminution de 3,9% au dernier trimestre 2023). Les prix chutent un peu plus pour les appartements (-5,5%) que pour les maisons (-4,9%).

En régions, où la baisse des prix a démarré plus tard, la diminution sur un an s’annonce un peu plus modérée, à -4,2 %, ce premier trimestre. La baisse s’est accentuée pour les maisons (4,4 %, après -3,3%) comme pour les appartements (-3,8 % après -2%). En détail, à fin mai, les prix des appartements devraient rester quasiment stables sur un an à Marseille, Toulouse et Caen, mais reculeraient de 7 % à Rennes, 5 % à Rouen et 11 % à Nantes, par exemple. Ceux des maisons enregistreraient des baisses importantes dans les agglomérations du Mans, de Saint-Nazaire, Nantes et Valenciennes (-10 % au moins, à fin mai).

En Ile-de-France, la situation est plus contrastée : sur un an, les prix des logements anciens plongent ce premier trimestre 2024 : -8,1 %, après -6,9 % au dernier trimestre de 2023. Entre juin 2023 et juin 2024, les prix des appartements devraient fléchir de 7,3% estiment les notaires. La baisse serait plus importante pour les maisons individuelles sur l’année, pour atteindre 7,7% sur cette période. A Paris, le prix moyen au mètre carré des appartements anciens devrait s’établir à 9 360 euros en juin, selon les projections établies sur la base des avant-contrats signés. Cela représenterait une baisse annuelle de 7,6%.

Reste que si une situation « plus porteuse » se dessine, ces baisses des prix ne parviennent pas à compenser la diminution de la capacité d'emprunt des ménages, pointent les notaires. Le pouvoir d'achat immobilier s'est effondré de 10% entre 2021 et 2023, soit une perte de 6 mètres carrés de logement pour les ménages. Un déclin continu observé depuis 2021, principalement en raison de la hausse des taux d'intérêt.

AÏcha BAGHDAD et B.L