Viabilité

Les jeunes entreprises gagnent en longévité

La pérennité des jeunes entreprises s’améliore, selon l’Insee : huit sur 10 lancées en 2018 existent encore trois ans après leur création. C’est sept points de mieux que la génération 2014. Mais moins d’un autoentrepreneur sur deux était encore en activité au terme de la même période.

(© Adobe Stock)
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Elles ont été rudement mises à l’épreuve durant la crise sanitaire, mais ont résisté, même mieux que celles nées en 2014. Au total, 82% des entreprises (hors micro-entreprises) lancées en 2018 étaient encore actives trois ans après leur création, selon une étude publiée en juillet par l’Insee. C’est sept points de plus que pour la génération de 2014.

L’Institut rappelle que le taux de pérennité à trois ans des entreprises nouvellement créées est fortement influencé par leur statut juridique et leur domaine d’activité. Ce dernier s’élève à 84% pour les sociétés, contre 75% pour les entreprises individuelles (hors micro-entrepreneurs), alors même que cette part progresse nettement par rapport à 2014 (+12 points). Et dès leur première année d’exercice, « 12% des entreprises individuelles cessent leur activité, contre 3% des sociétés », note encore l’Insee.

Côté secteurs, les entreprises les plus résistantes relèvent des activités financières et d’assurance avec un taux de longévité de 87%, qui passe même à 90% pour celles en société relevant du même secteur. À contrario, le commerce est le plus précaire avec un taux de survie évalué à 78%.

En plus de ces deux facteurs, d’autres variables impactent également la durée de vie de l’entreprise, comme les moyens financiers investis au montage du projet, le profil du créateur en termes d’expérience dans le métier. La zone d’implantation représente un autre atout significatif : « les chances de pérennité augmentent avec l’éloignement d’un pôle d’emploi et de population », selon les experts de l’Insee. L’implantation dans une commune densément peuplée peut induire une concurrence accrue et constituer ainsi un frein à la viabilité d’une entreprise, expliquent-ils.

Progression de l’emploi

Fin 2021, 39% des entreprises ayant vu le jour trois ans auparavant comptaient au moins un salarié en plus du dirigeant, contre 27% durant l’année de démarrage. Le bilan en matière d’emploi est positif avec près de 40 000 emplois supplémentaires entre fin 2018 et fin 2021, relève l’Insee. Au total, la hausse de l’emploi engendrée par les structures pérennes (+77 800) l’a nettement emporté sur les suppressions causées par les arrêts d’activité (-38 000).

Par ailleurs, à deux ans seulement d’ancienneté, les entreprises créées en 2018 se sont retrouvées face à un trou d’air en raison de la crise liée à la pandémie de Covid-19. Ainsi, plus de la moitié (55%) de celles actives en novembre 2021 ont enregistré une chute de leur activité, dont l’hébergement-restauration (78%), le transport et l’entreposage (77%) ainsi que les services aux ménages (73%), les plus impactés. Pour y faire face, deux tiers des entreprises pérennes en 2021 ont bénéficié des dispositifs d’aide gouvernementale qui leur ont permis de maintenir leur activité totalement (36%) ou partiellement (48%), comme le report des échéances sociales ou fiscales, le plus sollicité ( 29 % des entreprises).

Une pérennité limitée pour les micro-entrepreneurs

Du côté des micro-entrepreneurs, qui représentent plus de la moitié des créateurs, seulement 46% parmi ceux enregistrés en 2018 ont franchi le cap des trois ans, un niveau stable par rapport à la génération précédente, selon une autre étude de l’Insee. La pérennité des micro-entreprises est fortement dépendante du secteur d’activité. Elle est plus élevée dans la santé humaine et l’action sociale (60%), ainsi que dans l’industrie (59%), mais tombe à 24% dans le transport et entreposage (livreurs à domicile, VTC).

Les chances de durer apparaissent plus solides lorsque le créateur exerce son activité à titre principal : le taux de survie à trois ans s’élève à 50%, contre 41% pour les micro-entrepreneurs ayant une autre activité rémunérée, en parallèle. Là encore, la connaissance du secteur et l’aide à la création renforcent les chances de prospérer. La pérennité s’améliore également avec l’âge du créateur : 22% des auto-entrepreneurs âgés de moins de 30 ans lors de leur immatriculation en 2018 étaient encore actifs trois ans après, contre 42% pour les 50 ans et plus.

Autre constat, les cessations d’activité sont moins féquentes pour les micro-entreprises immatriculées par des femmes. La moitié des auto-entrepreneuses sont encore actives après trois ans, soit 6 points de mieux que leurs homologues masculins.

A l’instar des entreprises classiques, les micro-entreprises de la génération 2018 ont été fragilisées par la crise sanitaire (difficultés financières, manque de commandes...) Deux tiers d’entre elles ont subi un arrêt complet ou une diminution de leur activité. Leur chiffre d’affaires est, en moyenne, reparti à la hausse «dès le second semestre 2020».

A.B et B.L