Femmes et Challenges veut faire de la Normandie la première région en nombre d’entrepreneuses en 2030

Aujourd’hui, la Normandie est à la seconde place des régions concernant le nombre d’entrepreneuses. Un constat dont se félicite le réseau professionnel normand Femmes et Challenges mais qui ne lui suffit pas.

Léa Lassarat, présidente du réseau normand Femmes & Challenges veut accompagner les femmes dans leurs projets et leur donner l’envie d’être ambitieuses. (Archives © Aletheia Press / L. Brémont)
Léa Lassarat, présidente du réseau normand Femmes & Challenges veut accompagner les femmes dans leurs projets et leur donner l’envie d’être ambitieuses. (Archives © Aletheia Press / L. Brémont)

« J’espère qu’un jour il n’y aura plus besoin de notre réseau », sourit Léa Lassarat, présidente du réseau normand Femmes & Challenges, ce 27 septembre, à l’occasion d’un point d’étape avec la presse. « Mais nous n’en sommes pas encore là, même si les choses progressent », rebondit la responsable du plus important réseau d’entrepreneuriat féminin en région qui compte 1 150 adhérents.

Pour autant, les raisons de se réjouir existent. En 2020, la Normandie était la cinquième région quant au nombre d’entreprises créées par des femmes. Elle a bondi à la seconde place, derrière la Bretagne. « Il y a une certaine dynamique à laquelle participe le réseau », remarque Léa Lassarat. De quoi se donner l’objectif de décrocher la première place en 2030 !

Recruter un salarié, trouver un associé

Si les chiffres progressent, force est de constater que les femmes créent d’abord des micro-entreprises. « Nous sommes à 37 %, ce qui est la moyenne nationale ». Une situation que le réseau normand féminin entend faire évoluer en incitant les femmes à voir plus grand, en les accompagnant, par exemple, dans le recrutement du premier salarié ou dans la recherche d’un associé. Autre axe de travail, la reprise des entreprises. « Les femmes représentent moins de 10 % des reprises, précise Léa Lassarat. Je crois que cela demande d’être plus audacieux qu’une création, mais c’est parfois moins risqué car les banques suivent plus ». Le réseau veut ainsi participer aux événements consacrés à ce sujet pour sensibiliser tous les publics, y compris les jeunes.

Clé de la réussite, le niveau des apports. « Une statistique révèle 85 % de réussite dans les créations d’entreprises si l’apport est supérieur à 80 000 euros ». Le réseau a ainsi créé son fond de soutien destiné à la création comme à la reprise d’entreprise. « Le Fund » prend la forme de prêts d’honneur à taux zéro et a été attribué à six dossiers, soit 235 000 €. « On a de très bons projets, mais ils ne sont pas assez nombreux », regrette la responsable.

Dernier levier sur lequel le réseau entend agir : augmenter la proportion de femmes au sein des comités de direction et des conseils d’administration. « La mixité est un facteur de progrès et une nécessité pour l’avenir », estime la présidente qui note une évolution des mentalités à ce sujet.

Oser

« Il y a encore pas mal de chemin à parcourir ». Ainsi, pour atteindre ces objectifs, le réseau propose de nombreux rendez-vous, comme des cafés business, ou encore les soirées "regards croisés" qui invitent des entrepreneuses inspirantes à s’exprimer. S’y ajoute le club des femmes leaders (en nombre de salariés) qui regroupe les dirigeantes et les propriétaires des plus importantes entreprises normandes. « Nous venons également de créer le club des dirigeantes salariées », souligne la présidente. Autant d’occasions de rencontres et d’échanges, source d’inspiration.

Actuellement, le réseau prépare son forum qui se déroulera le 8 décembre au Carré des Docks au Havre. En pleine préparation de cet événement annuel, « nous nous régalons lors des entretiens que nous faisons avec nos intervenants. Nous allons avoir de très beaux témoignages », sourit Léa Lassarat. De quoi donner « l’envie d’oser » et « voir grand ». « Réussir, c’est une affaire d’état d’esprit, cela ne fait pas tout. Mais c’est le point de départ. »

Pour Aletheia Press, Laetitia Brémont

Créer des ponts entre entrepreneuses et sportives

Les échanges entre le monde de l’entreprise et le milieu sportif sont nombreux et riches. Le réseau normand féminin s’y intéresse également. Pour Léa Lassarat, c’est un autre moyen de « donner envie aux jeunes femmes sportives de se lancer dans l’entrepreneuriat, ou d’avoir l’audace d’entreprendre sa carrière professionnelle en tant que salariée ». Pour cela, des adhérentes de femmes et Challenges deviendront marraines de clubs sportifs, et viendront régulièrement à la rencontre des jeunes filles et des jeunes femmes.